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Le temps est un chien

Le temps est un chien. Ça, j’l’ai toujours dit !

Le temps, c’est un gros bâtard. Un mélange allègre qui confond ivresse et précipitation. Il passe plus vite les premières années, et plus lentement les dernières.

Le temps est perfide à souhait.

Il n’a pas de paix de gré. Avec ce va-t-en-guerre, à compter du moment où tu sais le compter, il ne cesse d’avancer.

T’as beau lui jeter un appât pour qu’il file au loin, ben il faut toujours qu’il te suive aux basques. Il ne te lâche pas d’une semaine.



Comment le définir ? Il commence à ta naissance et se finit à ta mort.

Deux bouts. Et entre les deux, à toi de de démerder pour passer du bon « temps ». Voilà. Simple et concis. Ce qu’il n’est pas, soit dit en passant.

Sale bête ! Il va faire mine de t’obéir et pourtant il ne se laissera pas mater. Ah non.

Ah si ! Une seule fois, il m’a obéi. C’est quand elle a levé sa patte, et que j’y ai glissé un collier. Ce jour-là, le temps s’est figé. Comme je lui avais demandé.

Après, il a continué sur sa lancée, a tiré sur ma laisse et m’a entrainé. Mon doigt s’est libéré et j’ai exploré d’autres prés, avant de me faire adopter.

Il passe les décennies comme on change de vitesse et à l’aube de passer la quatrième, … Je l’implore de milles dieux de se reposer. Je le confronte, lui lance des roquettes, et lui met sa pâtée. L’herbe sur le champ s’est couchée.

Couché ? Son regard battu finit de m’amadouer. Je me pose avec lui pour le caresser. Il se remet à japper et deviens mon allié. Le meilleur ennemi de l’homme s’est relevé et à repris sa balade. Et moi, à défaut de l’avoir domestiqué, je l’ai accepté. 


Jérôme Dumont

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