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- Un chien vaut mieux que deux tu l’auras, ou pas -

Lundi matin, le réveille sonne, j’ouvre péniblement les yeux encore fatigués du week-end. Mes sens émergent les uns après les autres. Toujours dans la pénombre de la chambre, je prête attention aux bruits extérieurs. J’entends un clapotis sur la fenêtre et le toit de ma maison. Le bruit des voitures qui passent dans la rue m’indique que la route est humide, le ruissèlement de l’eau dans ma gouttière confirmant qu’il pleut toujours.


Les lundis matins ne sont pas forcément les jours que je préfère, sauf quand je suis en congé, bien entendu, mais ce temps de C. ne me motive nullement à sortir de ma couette. Je tente pourtant de sortir une jambe, puis une autre mais une douleur se fait immédiatement sentir dans le bas de mon dos, elle me rappelle ce déménagement réalisé ces deux derniers jours. Waouw, ça fait un mal de C. . C’est bien que Bernard est un ami d’enfance et qu’il avait vraiment besoin de nous. Un déménagement en urgence, juste deux ou trois brols, cela ne prendra pas la journée qu’il disait. Ouais, tu parles, on y a passé les deux jours à son déménagement. En réalité, Bernard venait de se faire jeter par sa copine, et c’était pratiquement la moitié de son appart’ qu’il fallait transporter.


On s’est toujours demandé, avec les potes, comment ils ont pu rester si longtemps ensemble, Jessica et lui. Et ce n’est d’ailleurs certainement pas le Bichon de Jessica qui a favorisé la relation. Une vraie teigne, il ne supportait pas que quelqu’un s’approche de sa maîtresse.


Au début de leur histoire, Bernard avait toujours cette tête de C. battu, il aimait Jessica comme un fou et pourtant elle le traitait vraiment comme un C. Cette histoire a malgré tout duré deux ans. Deux ans d’amour/haine. Même quand il nous invitait à la maison, on avait l’impression de vivre dans un refuge, cela aboyait dans tous les coins, au sens propre comme au figuré, une véritable relation de C. et chat. Lui, lui disait “mon petit chat”, “ma puce” et elle le foudroyait du regard comme s’il venait de dire une insulte.



Puis un jour, sans vraiment comprendre ce qui lui est passé par la tête, Bernard a été voir ailleurs. Un moment d’égarement, un coup de folie ou un traquenard ? Mais quand Jessica l’a appris, j’ai cru que Bernard ne s’en sortirait pas vivant, faut dire qu’il n’avait pas été très malin en tombant sous le charme de la meilleure amie de Jessica. Après la tempête, ils se sont regardés en C. de faïence pendant quelques temps, et on sentait vraiment une tension permanente entre ces deux-là.


Vendredi passé quand Bernard est rentré chez lui, il a trouvé un mot sur la table: « Je suis chez ma mère pour le week-end, tu prends tes affaires et tu te tires ». Cela ne laissait guère la place pour la discussion. C’est vrai qu’il a fait un écart qu’il n’aurait jamais du faire mais, pour rester avec elle aussi longtemps, on peut dire que c’est un véritable saint Bernard. Et puis c’est notre meilleur pote alors on ne pouvait pas le laisser dans la mouise.


Heureusement pour lui, ses parents ont un appartement à quelques kilomètres de là qu’ils gardent pour le dépaysement. Cela n’a donc pas été trop compliqué de trouver un endroit pour se reloger. Y avait plus qu’a. Sébastien, Philippe et moi, on s’est donc retrouvé samedi matin pour aider ce brave Bernard à déménager, après tout les amis c’est pas fait pour les C.


Je sors de ma douche, j’enfile mes vêtements, je vaporise un peu de parfum, un coup de brosse dans mes cheveux fraichement lavés, histoire d’avoir un peu plus de C.. J’engloutis rapidement un petit déjeuner et je pars travailler. Je vais me replonger dans ce dossier que j’ai un mal de C. à clôturer, poursuivre ma semaine et rêver du prochain week-end. Toute cette histoire m’a confirmé une bonne chose, je voudrais tant ne pas être tenu en laisse par cette C. de vie.


Jean-Jacques Laduron

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