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- Drame de placard -

il y a 6 jours
2 min de lecture

Depuis longtemps déjà, tu as ton chausson, posé là, jamais bien loin de toi.

Prêt à être enfilé pour te réchauffer et te câliner.

Tu sais qu’il est là, qu’il t’attendra.

Rassurant, chaleureux… La maison, à portée de pied.

 

Puis un jour, au détour d’une séance de shopping,

Tu la vois. ELLE. Tu l'admires et tu sais que c’est une folie.

La raison darde sur tes rêves des yeux moralisateurs et tu continues ton chemin.

Mais elle hante ton esprit et ton corps fait demi-tour.

 

Tu flaires le mauvais plan. Tes orteils même hurlent de ne pas céder.

L’ inconfort comme principale qualité, elle te promet le mal à chaque pas.

La chaussure à talon n’en reste pas moins, une excitante diversion.

 


Audacieux, étonnant, fantasque.

Le talon traverse les terres de féminité assumée depuis longtemps désertées.

Ramène les êtres à cette lointaine avidité de folie et de légèreté,

Libère les engourdis de la poussière accumulée au coin d’un canapé.

 

Mais parce qu’il pousse les orteils à la déformation et qu’il fatigue les jambes élancées,

Il est bon, même presque nécessaire de retourner au chausson.

Que l’on pourrait même regretter au détour d’une piste de danse trop usée.

 

Creusée de notre empreinte, la savate nous accueille

Bienveillante et empathique, nous promettant des bons soins

Apathique par moment, un peu lâche de l’élastique.

Elle ne nous emmènera par contre jamais bien loin.

 

Ce qu’elle aime, elle, c’est l’intimité.

Le cocon bien cosy d’un présent sans effort.

Alors que le talon, lui, t’engage sans même y penser

A sortir de ta zone de confort.

 

Tant qu’à choisir, autant céder

Entre chausson et escarpin, l’idéal c’est peut-être d’alterner.


Alizé Beaufays




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